L’ innocence et la malice des enfants du Burkina Faso immortalisées par Mathilde Ciret

7 jours à faire de l’humanitaire main dans la main avec un médecin notamment lors d’une visite éclair dans le dispensaire d’un village du Burkina Faso : la photographe Mathilde Ciret a flashé sur les kids du coin, saillants porteurs d’allégresse.

Composé de 60% de jeunes, le peuple du Burkina Faso a toujours plus soif d’avancées et de démocratie qu’il consolide pas à pas à coups de manifestations musclées, notamment capable de susciter l’insurrection populaire en 2014 et ainsi chasser l’ex-président Blaise Compaoré du pouvoir.

C’est pourtant loin de l’agitation politique et de la bataille sociale rugissante dans la capitale Ouagadougou que la photographe frenchy Mathilde Ciret s’est aventurée 7 jours et 6 nuits en demi-pension. Après avoir esquivé une demande de mariage en l’échange de chameaux et survécu à la tourista dans le zoo personnel de l’ambassadeur français, cette habituée des shootings de mode s’est alors transformée en exploratrice de contrées perdues de l’ouest africain.

Riche en couleurs et en bouilles malicieuses, sa série « Burkina » propulse l’oeil occidental non averti au coeur du village de Haba situé au sud-ouest du pays. Une « concession » typique de la brousse burkinabée, aux habitations en briques de terre et abritant essentiellement deux ethnies : Les Mossi et les Peul.

« À notre arrivée, le chef du village et l’ensemble des résidents ne cachaient pas leur joie, cela faisait un an qu’ils attendaiEnt la venue du toubib. »

Embarquée dans les bagages du médecin Pierre Barbiche de l’association humanitaire Solidarité Santé Burkina, dans l’optique de documenter en images la moindre miette de son périple, Mathilde Ciret s’est immédiatement laissée attendrir par les enfants du village, à la vitalité sans fin :

« Hormis les check up de santé et Les soins apportés dans le dispensaire, la mission consistait à fournir les jeunes en cartables et fournitures. C’était la cohue, leur allégresse sautait aux yeux. Ce qui les a le plus enchanté, reste sans doute les maillots de foot, shorts et chaussures que nous leur avons apportés. Dans cet élan de bonheur, ils ont même improvisé un match. »

À travers cette rafale de portraits de bambins pris sur le vif dans les champs ou à l’école, cette lyonnaise de naissance à la vie quotidienne très urbanisée, projette une pauvreté manifeste mais non choquante, en remettant en cause certains chemins économico-philosophiques menant au bonheur comme l’argent et le matérialisme .

« Sur place, on se rend compte de l’aspect rudimentaire du quotidien seulement en comparaison de la vie en occident et de ses codes modernes mais très vite on passe outre. À Haba, le peuple vit heureux : un puit et de bonnes récoltent lui suffit. Même avec peu de moyens, sa gaieté épate. La vie rurale ici est simple, solidaire et généreuse. Elle contraste radicalement avec la vie dans la capitale Ouagadougou, là où la majorité des habitants est obnubilée par une chose, vivre à l’occidentale. »

Si le français est la langue officielle au Burkina Faso, le Moré, le Dioula ou le Peul ont eux le statut de langues nationales et sont le plus majoritairement pratiqués dans les zones rurales. Pas vraiment familiarisés avec la langue de Molière, les kids du village ont d’abord vu d’un mauvais oeil l’appareil photo de Mathilde Ciret :

« Le premier soir alors que des enfants ramenaient le bétail et de la nourriture pour diner, je les ai pris de loin en photo. Cela les a effrayé dans un premier temps, c’était la première fois de leur vie qu’ils apercevaient un appareil photo. Mais curieux de tout, ils ont fini par approcher et s’extasier à la vue de leur visage sur l’écran. C’est devenu dès lors notre seul moyen communication mais aussi l’attraction principale ! »

Face à cette parade de yeux écarquillés, de grimaces espiègles et de petits minois si craquants, Mathilde Ciret se devait de leur laisser un souvenir inoubliable et surtout visuel : Des polaroïds de leurs visages qu’ils conserveront précieusement toute leur vie !

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@ Mathilde Ciret
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