Berlin sans ses squats, moins sexy?

A Berlin, quand le chat n’est pas là, les souris dansent sur des vagues électroniques.

Centre névralgique de l’underground. Où l’alternatif à forte dose a pris vie dans des immeubles de la « east side » jadis communiste qui au lendemain de la chute du mur en 1989, laissés vacant par des familles héliotropiques exilées du côté ouest, ont attiré des milliers de jeunes issus de la subculture du monde entier, pacifistes baba cool, punk anarchistes et artistes. Les squats et raves d’entrepôts sont nés. Une insouciance euphorique, au fil des ans, devenue QG de la coolitude absolue. Entre techno, illégalité, et zones de prolifération de l’art libre de rue, ces blocks hors-la-loi entrevoient leur futur en pointillés.

Graffitis, skate park, écran de cinéma, mur d’escalade, clubs, cafés, école de cirque, jardins, dojo. Voici à quoi ressemble le Temple Raw, une friche industrielle de la taille de 14 terrains de football et occupée par une communauté d’artistes-squatteurs ultra organisée. Un haut lieu de la contre culture. Loin d’être le seul.

A Berlin, des façades colorées de street art, tous les squats s’en crépissent. Le Köpi aussi. C’est l’un des squats HLM autogérés les plus célèbres d’Europe avec une friperie, une salle de sport, un atelier de sérigraphie et un lieu de vie pour une centaine de personnes. Au courage, il a pu éviter en 2013 de justesse la vente de son terrain par sa créancière la Commerzbank.

Car ses repères branchés d’artistes, étendard social, politique et culturel d’une Allemagne post URSS, sont dans le viseur d’investisseurs mainstream « rouleaux compresseurs » de l’art, d’huissiers et en dernier recours des forces de l’ordre. Comme en février 2011 où une armada de 2500 policiers munis de haches, ont vidé de manière barbare et ce tant bien que mal le mythique « Liebig4 », au bout de 5 heures d’intervention.

Pourtant si Berlin rayonne d’un point de vue touristique… Ces squats étiquetés du cliché « coins de fumeurs de dope » en sont les garants de premier rang.

Le « Tacheles », bâtisse de 23000 m2, autrefois prison Nazi puis bastion de la contestation populaire dans les 90s, au slogan « Berlin ville pauvre mais sexy » était devenu une véritable attraction avec son bar le « Zapata » et ses galeries géantes d’art de rue, affichant au compteur 400000 visiteurs par an. Cela n’a pas empêcher sa destruction en 2013. La dure lois du marché punie par une gentrification à l’allure « Hulkéenne ».

Urban Atsch, l’agence tout risque

Face à une réduction de leur espace vital, des collectifs de squatteurs s’organisent. A Hambourg Urban Atsch et son « son cocktail révolution » médiatisé , prend d’assaut des immeubles laissés pour mort les déguisant en dance-floor éphémères, allant jusqu’à faire des descentes chez les promoteurs, armé d’un soundsystem et de teufeurs en furie! Faire la fête, une nouvelle arme de contestation. Berlin et sa ruche culturelle ont peut être trouvé en cette parade alternative le moyen de résister encore un peu face à l’inévitable.. Voir ses pierres d’histoire remplacés par des complexes du futur. Moins sexy donc.

TEMPLE RAW

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KÖPI

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TACHELES

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