Un été sur les côtes sexy et louches de Naples avec Brett Lloyd

Aussi chaotique que séductrice, Naples a longtemps tourné le dos au photographe Brett Lloyd, pourtant ce dernier en est tombé raide dingue amoureux et y revient chaque été. En est né un livre « Scugnizzi, A Summer In Naples ».

Bien qu’elle soit l’une des cités les plus vieilles au monde, Naples aussi photogénique soit-elle « a été abandonnée à son déclin, plutôt que préservée comme un musée » aux dires de Brett Lloyd. Sans débattre un nano seconde sur l’armada de poubelles à l’odeur intenable barrant les rues ou de la mafia racketteuse et son pizzo pressant les commerçants comme des oranges, ce photographe de mode américain se penche ici sur la délinquance juvénile et les squatteurs des plages de sable noir, face au Vésuve.

C’est à travers des clichés gorgés de soleil, de couleurs saturées et galopantes de relaxation que LIoyd documente le quotidien intrépide des « Scugnizzi », aka les gosses de la rue et les lieux hauts en couleur de la vie napolitaine.

« Ce sont de petits gangs, charmants et adorables, toujours sur le point de faire une connerie. »

Tout en contradiction et pris en tenaille entre sublime avéré et misère irréversible, son autopsie sociale à travers l’objectif de son appareil, en dit long sur les efforts à faire par la troisième ville italienne, dans l’hypothétique espoir de rayonner de nouveau.

« Les plages sont les zones les plus pauvres. Tout le monde à l’air de se connaître, ce qui explique certainement toute cette furie et ce joyeux bordel. Les gens sur la plage ne semblaient y rester que quelques heures à la fois, avant de ranger leurs affaires et revenir à leur job harassant ou leurs obligations familiales. Sur la plage, même les enfants travaillaient. La plupart des ados cherchaient des moules ou des palourdes dans la baie pour les revendre aux restos le soir. »

Le plus surprenant à ses yeux lors de ses pérégrinations sur les plages, restera la notable absence d’hommes, supplantés par l’omniprésence de femmes et de kids. L’explication à cela est aussi rocambolesque que consternante :

« J’ai rencontré deux frères et soeurs parlant anglais et travaillant dans un kiosque avec leur famille. Entre un verre de limoncello et quelques bières vendus, ils me confièrent que tous les pères du coin voyagent dans le sud de la France en été où ils opèrent comme pickpockets et la plupart d’entre eux finissent par se faire attraper et atterrissent en prison. »

Prises sur deux étés prolongés, ces vignettes de vie font écho au cinéma italien néoréaliste des années quarante et affirme par instant les relents de débauche ensoleillée de Naples, encore et toujours fidèle à sa sulfureuse réputation.

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