Rave culture et drogue à Ibiza sous l’oeil de GARETH MCCONNELL

Ecstasy, acid house et hédonisme. Le photographe low-tech Gareth McConnell écume les clubs d’Ibiza chaque été depuis 2002. Immergé dans une jeunesse addict aux raves et gobant des pilules de l’amour au gré des vagues électroniques, il capture le portrait de ces défoncés au plaisir, le matin dans leurs hôtel rooms, loin du dancefloor sablé, du sexe, des mâchoires serrées et des rails d’euphorie de la nuit passée. Son dernier book « Close your eyes » est une retrospective au kaléidoscope de ses 10 derniers summers transcendantales sur les îles Baléares, corrélée à un zeste de moments clefs de l’histoire anglaise récente.

Une blague. La MDMA l’aurait propulsé à l’étage de la renommée. Son histoire un peu trop clichée il l’a vécue en rave à Belfast encore ado, une gélule ou deux dans la bouche, c’était sa première fois. Une nuit révélation au rythme de la démence techno, à danser tel un « décérébré » enlaçant à tour de bras des inconnus pour la minute sans fin « peace and love ». Puis rentrer clopin clopant, déshydraté sous le chant des oiseaux et d’y jeter sous son lit tous ses vieux disques, se disant : « A partir de maintenant, la seule chose que je veux, c’est danser ».

Désinhibée voir initiatique, cette expérience ainsi qu’une photo de guitare en forme d’ak-47, l’ont motivé à étudier la photographie et à intégrer plus tard le prestigieux Royal College Of Art de Londres. Autre influence : La série Tulsa en noir et blanc de Larry Clark qui l’a définitivement exhorté à vivre de ses artworks et d’y aller mollo avec les substances illicites.

De Londres à Ibiza.

Son passif de raver, juxtaposé à ce sentiment révoltant de shooter des covers d’albums pour Universal ou de se travestir en photographe bling bling de billionnaire (Portrait de Tommy Hilfiger) l’ont persuadé de structurer les photos de sa flopée d’étés consumés à Ibiza depuis 2002.

Dans « Sex Drugs and Magick, book two » (2013), ce natif d’Irlande du Nord use d’un monochrome lo-fi pertinent et déconceptualise des accros à la rave culture non remis de la veille, en les immortalisant dans leurs chambres d’hôtel, à quelques encablures des plages de débauche d’Ibiza : « Cette série est en quelque sorte un documentaire sobre et direct, où les détails – les vêtements qu’ils portent, les flyers club et affiches épinglées sur les murs – suggèrent une histoire culturelle que j’ai moi même vécue. »

Cette ambiance de « descente » post-exaltation à endurer, effet secondaire inéluctable aux drogues, se dissipe dans sa série « Close your eyes », dans laquelle Gareth McConnell repense ses clichés en y superposant toute l’énergie primale des instants de trip hallucinogène sous lsd et d’extase sous ecstasy, sous une pluie de flashs de couleurs aveuglantes. Avec un clin d’oeil au guru indien et iconoclaste Osho dont ses disciples ont été les premiers à consommer de la Mdma à Ibiza.

«C’est un remaniement frénétique de mes archives, une pièce politique personnelle – une méditation frustrée sur la nature du mouvement humain et le plaisir délirant mais aigre-doux de se perdre dans l’hédonisme à la vue de quelqu’un qui le vit de l’intérieur ».

Encore sous l’emprise de l’excès de sa jeunesse passée, ce photographe né en 1972, à la reconnaissance mondiale, pousse l’immersion dans une dimension politico-social avec des shots d’émeutes, du battle de Beanfield en 1985 aux émeutes de Londres en 2011. Car c’est un homme engagé avant tout, plus qu’un clubber à la spiritualité dérangée!

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