SPEED SISTERS : Les folles du volant en Palestine

-Sous le soleil ardent de Ramallah- Des ongles vernis mais les mains dans le cambouis, elles narguent les mecs, leur volant la vedette à bord de bolides customs, à coups de donuts fumants ou lors de courses déjantées sur des tracés de fortune, à la Fast and Furious. Ce sont les Speed Sisters : Cinq filles sans complexes, anti-machistes, formant la première team de pilotes féminines de Palestine occupée.

Faire taire les mauvaises langues, gommer les stéréotypes dans le monde arabe et respirer un vent de liberté sans faire de politique tel est le leitmotiv des Speed Sisters.

Betty, la blonde pulpeuse chrétienne et fille de pilote pro, Maysoon la team manager adepte des checkpoints militaires, Nour dont la mère tient le seul shop de luxe de Ramallah, Mona l’as du volant sans qui la team n’existerait pas et Marah, la plus jeune qui n’a pas froid aux yeux, un girl power atypique, c’est en tout cas le premier groupe de filles au Moyen Orient à participer à des courses auto.

Tout un symbole de persévérance pour la victoire au drapeau à damier mais surtout pour l’égalité des sexes dans un sport exclusivement masculin très médiatisé, rameutant un public toujours plus large. M.I.A en a fait d’ailleurs la publicité dans son clip « Bad girls » (2012).

Jongler entre l’accélérateur et le frein à main, à toute allure, elles ont ça dans le sang. Une adolescence passée à trainer avec des potes garagistes, filer en cachette et sans permis avec la voiture d’une soeur ainée ou enchainer les « races » en jeux videos.

Mais tout a réellement débuté en 2010 avec Mona Ennab, finaliste du concours miss Palestine, repérée par la fédération nationale d’automobilisme  loin des podiums, au coude à coude avec des hommes dans une course de rue, zigzaguant entre les restes de bombes lacrymo et des débris, faisant suite à un affrontement entre manifestants et soldats Israéliens. Invitée alors à rejoindre un stage pour pilotes, elle y rencontrera sa fine équipe et se battra ainsi sans relâche face aux clichés et refus sexistes pour créer en 2011, les Speed Sisters.

« C’est vrai que lorsque nous avons commencé, les gens nous regardaient comme si nous étions des OVNI venant d’atterrir sur Terre. Mais lorsque qu’ils nous ont vu concourir, leur état d’esprit a changé. Maintenant nous avons des fans, des personnes qui nous encouragent et nous sponsorisent! » -Maysoon Jayyusi, la team manager-

La réalisatrice canadienne Amber Fares s’est quand à elle, immergée quatre années dans leur vie. Son film « Speed Sisters » , présenté il y a peu au festival international du documentaire de Sheffield, met en exergue les pressions énormes sur les épaules de leurs familles, se sacrifiant pour elles financièrement dans un contexte difficile d’occupation en Cisjordanie, car ce sport reste avant tout onéreux : le coût des voitures, la réparation, la maintenance etcc, des dizaines de milliers de dollars injectés pour voir leurs filles continuer à porter haut le drapeau d’une Palestine où les femmes de part leur détermination, peuvent se hisser à la hauteur des hommes. Comme un message fort envoyé à l’Arabie Saoudite, seul pays au monde leur interdisant de conduire.

image image image image image image image image image image image image image imageimage image image imageimage image image image image

Publicités