En Corée du Sud, Samsung est partout

Doit-on dire Corée du Sud ou Corée de Samsung? A Séoul, On peut : se relooker chez Samsung Fashion, mater l’équipe de baseball « Samsung Lions » sur sa tv Samsung, s’ennuyer et rencarder avec son Samsung Galaxy S6, finir ivre mort dans un hôtel Samsung, être hospitalisé d’urgence dans l’hôpital Samsung, supplier un remboursement auprès de son assurance Samsung, être riche et se payer un garde du corps ou une alarme habitat chez Samsung Security, frimer à bord de sa berline Samsung et enfin bosser dans le complexe Samsung digital city. Si un feu se propage, pas de panique, les pompiers de la Samsung Rescue Team sont là. Du Samsung à toutes les sauces, de quoi finir la tête dans la cuvette.

Une corporation de dingue démesurée. A ce rythme, la Corée de Sud deviendra la République de Samsung, des parents nommeront leur kid Samsung et des Samsung junior verront le jour à leur tour. Le groupe a aujourd’hui la main mise sur le pays, en atteste sa cinquantaine de filiales dans l’électronique, l’immobilier, le textile, l’aéronaval, l’hôtellerie, la finance, la chimie, les assurances, l’armement et aussi les parcs d’attractions… 20% du PIB du pays est à mettre à l’actif de Samsung.

Un conglomérat qui dépasse les bornes. De part sa puissance tentaculaire, le groupe exerce son influence sur les médias, la politique, les juges et les procureurs, ne l’empêchant toutefois pas de perdre des procès et de voir son ex-pdg écroué pour fraude fiscale. Plus encore, Samsung guide la population au quotidien et la rend accro, c’est la première fois qu’une entreprise a un tel impact dans l’opinion publique, « si Samsung le dit, c’est que c’est vrai. » Des étudiants se voient financer leurs études par l’entreprise avant d’y signer un contrat d’embauche pour la vie. En guise de bienvenu, des fleurs et un gâteau. De quoi sceller la sympathie.

Toujours plus vite. Des complexes résidentiels Samsung sortent de terre pour accueillir les nouveaux employés toujours plus nombreux. En chiffre : 275 000 salariés travaillent rien que dans le pôle Electronics du géant Sud Coréen. En comparaison, Sony en compte 104 000 et Apple 80 000.

Des syndicats de protection des travailleurs tentent alors de naître mais le groupe les interdit, n’hésitant pas à poursuivre en justice au pied levé. A l’instar de France Telecom Orange , des employés surmenés (jusqu’à 14h de travail par jour), se suicident alors que d’autres décèdent de leucémie dans les usines de composants électronique. Samsung noie lui le poisson sans se mouiller. Sa suprématie est telle qu’il en sort toujours indemne et son prestige, intacte.

A l’international, le raz de marée est aussi notable, sa branche construction est à l’origine de l’édification de la tour Burj Khalifa de Dubaï (828m), Samsung fait aussi joujou dans le nucléaire et a conforté sa place de numéro un mondial de l’écran plat et des smartphones.

Le photo journaliste Romain Champalaune a lui écumé la Corée du Sud, en large et en travers pour le journal le Monde . Ses clichés parlent d’eux mêmes. Bienvenu sur la planète Samsung :

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