Japon : Ils vivent dans des cybercafés


Un Taiwanais retrouvé mort par « game overdose » dans un cybercafé après 72 heures de jeu non stop en janvier, un exemple hélas parmi tant d’autres, c’est même l’hécatombe en Asie. Mais au japon, ces repères de geeks sauvent des vies, faisant office de mini lieux de vie!

Un matelas, un ordinateur et des soft drinks dans un box privatisé! Non content d’être addictes au monde virtuel, des tokyoïtes actifs à la situation précaire, impuissants face aux loyers exorbitants, louent ces espaces  exigus, en y posant valises.

Signe d’un virus contagieux dans la société, ces « sans domicile fixe » sont mis en exergue par le journaliste Shiho Fukada dans son documentaire « Net Cafe Refugees ».

« Les cybercafés existent depuis plus de dix ans au Japon. Mais au milieu des années 2000, des clients commencèrent à utiliser ces espaces comme lieux de vie. Les réfugiés des cyber sont pour la plupart, des employés au travail temporaire, leurs salaires sont trop bas pour louer leurs propres appartements » résume Shiho Fukada.

Selon le gouvernement japonais, ils étaient 5400 en 2007 à vivre dans ces conditions pour le moins inquiétantes mais à en voir le nombre grandissant de travailleurs en contrats précaires, estimé à 35,4% de la population en 2011, ils seraient bien plus nombreux aujourd’hui.

Du coup les salles de jeu sont entrées dans une nouvelle ère, diversifiant leur activité avec l’émergence de cabines privées, la vente de nourriture et boissons ou encore la mise à disposition de douches et machines à laver, moyennant la nuit entre 10 et 25 euros.

Dans ce documentaire de 10 mins , un focus est fait sur Fumiya, 26 ans, agent se sécurité travaillant 8h par jour, 6/7j. Sa première nuit dans un cyber c’était il y a 10 mois, les autres « résidents » ronflaient fortement et lui donnaient des coups de pieds durant leur sommeil,  mais il s’y est accommodé une fois qu’il a pu se couvrir le visage avec une couverture et ainsi se cacher des néons fluorescents allumés toute la nuit. A ses yeux : « On a besoin des cybercafés plus que tout sinon des gens iraient travailler sans savoir où dormir la nuit ». Dans la rue sûrement.


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