Puisque que le roi n'est pas humble, que l'humble soit roi

Quand les kids des favélas se voient rois du bling bling et reines de la mode

Aux antipodes des clichés arriérés et scotchés aux favelas, des fantasmes de médias portant le nom de « no go zones » sous haute tension, la photographe Iris Della Roca est allée shooter des bambinos de la Rocinha de Rio en leur demandant de répondre à une question : « Comment veux-tu que les gens te voient? »

Mini stars d’Hollywood, créatures de modes, riches héritières et patrons mégalos! Quand la jeunesse des quartiers chauds de Rio de Janeiro se sapent, le fossé qui la sépare de l’autre monde se réduit!

Sa série « Puisque le roi n’est pas humble, que l’humble soit roi » est aussi son premier projet photographique. Membre depuis 2006 de l’association « Troc une arme contre un pinceau », localisée au coeur de la Rocinha, la favela la plus vaste d’Amerique du Sud, Iris Della Roca a pour mission de prendre sous son aile des kids à la sortie de l’école jusqu’à la nuit tombée et de les initier à l’art photographique, à la peinture et même à la réalisation d’un magazine de mode. Un apport créatif quotidien gage de pacifisme qui n’en fait certes pas des Picasso en herbe mais qui leur évite sensiblement de tomber entre les mains de « gangs armés jusqu’au dents. » C’est aussi l’occasion de les amener à mettre un pied dans un monde à l’odeur étrangère qui les fait rêver.

Coïncidence non dépourvue de sens, c’est au cours d’une activité culturelle que la puce sauta à l’oreille de la jeune photographe française d’à peine 30 ans : « Un après-midi, j’ai voulu les emmener au musée. Ils sont tous arrivés endimanchés, avec leur belle chemise, bien parfumés. Ils ne veulent pas du tout que l’image de la favela leur colle à la peau. »

De son analyse quotidienne des souffrances de ces enfants et des liens noués au fil du temps, est née son idée de portraits dans lesquels chaque enfant se dévoile tel qu’il aimerait être perçu. Tel un individu que l’on ne réduit pas à sa classe sociale et son lieu de vie. Car ce qui différencie un brésilien moyen, d’un pensionnaire d’une favéla, subsiste inévitablement le montant de Real qui habille leur corps…


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                                        © Iris Della Roca

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