Désirs, nature et faux food porn : les confessions intimes de Jø Cheung

 

À demi-mot et à demi-nue, la photographe hong-kongaise Jø Cheung explore sans une once de pudicité les relations entre l’homme et la nature à travers une série d’acrobaties visuelles qui donnent la banane!

Le premier reflex lors d’une perte inopinée de pantalon, caleçon ou de soutien-gorge? Se cacher le « tubas » ou la poitrine d’un air gêné, à l’aide de ses mains ou d’un magazine.

« Les gens ont peur de dévoiler certaines parties de leur corps et dissimulent leurs faiblesses avant tout autre chose. Il y a donc un lien fort entre l’intimité et la conscience de soi. »

Via ce constat comportemental véridique en préambule de sa série documentaire « Intimité », cette shooteuse de mode et illustratrice à la langue bien pendue, expose une problématique récurrente qu’elle tente elle-même de solutionner en allant capturer des cobayes souvent dénudés et presque tous munis d’un vaccin pas si naturel aux yeux de tous : l’acceptation de son propre physique.

« Dévoiler nos corps et habitudes, c’est une aubaine qu’il faut saisir, apprécier et ne jamais cacher. »

Ne pas s’attendre ici à une vulgaire juxtaposition de seins et de phallus heureux de prendre l’air humide asiatique. Animée par une subtilité monstre , Jø Cheung joue sur les mots et avec les images, toujours dans une perspective thérapeutique et esthétique. Si bien qu’en lieu et place des zones corporelles souvent sources de gêne, d’embarras ou de complexes chez l’homme et la femme, la photographe utilise des aliments comestibles. Un moyen de substitution flirtant avec le porn food qu’elle nous a décortiqué :

« La banane, la pastèque, la crème glacée et le lait sont pour tout le monde et au quotidien des choses savoureuses. La plupart d’entre elles sont représentées ici comme des symboles sexuels. Ils s’intègrent avec leurs textures à l’environnement et aux scènes de l’histoire. »

Autre élément inévitable et force en présence dans son art? La nature qui apparaît étroitement associée dans chaque page aux désirs de l’homme. Pour JUUMAG, Jø Cheung a légendé tous ses clichés, histoire d’imprimer sa vision sensuelle et sexuellement libérée de la vie.

 image image« Cette vague calme dans la grotte et la banane épluchée représentent ici le désir grandissant de l’homme. »

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« Le verre d’eau, la banane non-ouverte et la cassure excitante de la vague, me font penser à une issue charnelle marquée en approche . »


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« Ne trouvez vous pas de similitudes entre ces yeux bleus et le tournesol? »

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« Les organes humains et la nature se ressemblent. L’en atteste encore une fois la pastèque et les taches de rousseur. »

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« Cette bouche ingurgitant du lait goutte à goutte et la crème glacée ci-dessous symbolisent le désir humain en action et dépourvu de contrôle. »

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« Cette fille pleine de complexes dans la baignoire sera toute aussi sensuelle une fois l’eau tourbillonnante écoulée et son corps mis à nu! »

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« L’embarras souligné de deux filles dont les parties génitales sont illustrées par deux fraises déjà croquées! »

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